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DEVOIR DE MEMOIRE : Hommage à J. DEMOREST
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Hommage au général de brigade aérienne Jean DÉMOREST

Le général Jean DÉMOREST était de ceux qui ne s’avouent jamais vaincus; et pourtant, la maladie, la terrible maladie qu’il a endurée pendant quatre longs mois, a eu raison le 13 avril 2005, de sa détermination et de son courage.

Nous étions devenus de vrais amis, après que je fus son professeur, à SALON, puis, comme l’on dit dans le milieu militaire, son supérieur au commandement des transmissions de l’armée de l’air.

Au nom de tous ceux qu’il a côtoyés pendant près de quarante ans au service de notre pays, je me permets de rappeler qui il était, et la carrière exceptionnelle qui fut la sienne.

Jean DÉMOREST est né le 27 octobre 1944 à SAINTE-FOY-LES-LYON. Passionné depuis son plus jeune âge par l’aéronautique et l’électronique, il a une véritable vocation et entre le 07 octobre 1964, à l’École de formation initiale des sous-officiers de l’armée de l’air à NÎMES. Quatre mois plus tard, il entreprend une spécialisation de télémécanicien à l’École technique de l’armée de l’air de ROCHEFORT. Le 28 janvier 1966, plus motivé que jamais, il rejoint sa première affectation à l’Escadron de Câbles Hertziens 10/804 d’AIX LES MILLES où il sert jusqu’en septembre 1970. Pendant quatre années, délais imposé par la réglementation, il prépare assidûment le concours qui doit lui permettre de devenir officier. Il réussit d’emblée et est admis à l’École Militaire de l’Air de SALON de PROVENCE avec la promotion 1970.

C’est à SALON, et plus particulièrement au sein de l’équipe de rugby de l’école, que se révèlent ses belles qualités humaines, qui en font un meneur d’hommes et un camarade, qui sait donner le meilleur de lui-même et canaliser les énergies.

Nommé sous-lieutenant le 1er avril 1971, il est affecté à l’Escadron de Bombardement 3/91 à CREIL en tant qu’officier télémécanicien. Là, il peut assumer pleinement et avec brio les lourdes responsabilités qui lui sont confiées au service des Forces Nucléaires Stratégiques. Disponibilité, rigueur, capacité à commander les hommes au service d’une mission des plus exigeantes, sont autant de caractéristiques qui le distinguent et lui permettent de réussir pleinement.

Il est promu lieutenant le 1er avril 1973 et, en reconnaissance des compétences et des qualités qu’il a mises en exergue, il est nommé, en juillet 1976 commandant en second du Dépôt d’Armes et Munitions Spéciales implanté sur la base, unité qui a en charge le maintient en condition opérationnelle de l’arme nucléaire aéroportée.

Un an plus tard, après avoir été promu capitaine le 1er avril 1977, il rejoint le Centre de Transmissions de l’Administration Centrale, à Paris, boulevard Victor, comme chef de la division technique. Au service des plus hautes autorités de l’armée de l’air et de la Délégation générale pour l’armement, il sait apporter la qualité de service qui est requise, en tirant le meilleur parti des équipes qu’il commande avec doigté, manifestant un sens de l’humain qui l’honore. J’ai pu personnellement apprécier son exceptionnelle valeur à cette époque où j’étais moi-même à l’état-major du commandement des transmissions.

Le 30 avril 1981, lui est confié le poste de commandant en second et chef des opérations de l’Escadron de Câbles Hertziens 10/802 de MONTMORENCY. Là encore, sous la houlette du général DONADEY (alors commandant d’unité), il manifeste son attachement à faire régner un véritable esprit d’équipe dans un contexte de rigueur et de haute technicité.

Promu commandant le 1er août 1983, il se voit confier l’Escadron d’Installation des Télécommunications 02/822 à ORLEANS, poste qu’il tiendra jusqu’en septembre 1987. C’est pour lui l’occasion de sillonner le monde, de CAYENNE à NOUMEA, de DAKAR à DJIBOUTI, du TCHAD au GABON, afin d’effectuer les études puis d’assurer la maîtrise d’ouvrage des travaux de télécommunications que son unité a en charge, partout où l’armée de l’air est implantée outre-mer. Il réussit à merveille, se donnant sans compter dans le commandement d’équipes dispersées dans le monde mais unies et soudées par la magie qu’il exerce sur elles.

Promu lieutenant-colonel le 1er août 1987, il est admis sur concours particulièrement sélectif, à l’École Supérieure de Guerre Aérienne, là où ceux qui ne sont pas entrés dans l’armée de l’air par la " grande porte " sont l’exception.

Diplômé d’état-major il rejoint, en août 1989, la division électronique 04/330 au Centre d’Expériences Aériennes Militaires de MONT-DE-MARSAN. Il est d’abord commandant en second, puis, très vite, commandant de cette prestigieuse unité. Il y déploie de grandes compétences alors que survient la guerre du golfe et que son professionnalisme est apprécié sur des résultats concrets, rapidement mis à la disposition des forces engagées.

De septembre 1991 à août 1993, il est rédacteur à la section OTAN de l’état-major des armées, ce qui le désigne tout naturellement pour être nommé Expert français auprès de l’Alliance atlantique à BRUXELLES. Il tient ce poste délicat d’août 1993 à janvier 1998. Diplomatie, sens du contact et ouverture sur les techniques d’avant garde le caractérisent alors. Entre temps, il a été promu colonel le 1er septembre 1993.

Sa dernière affectation sera l’état-major des armées, où il occupe de très hautes responsabilités en matière de sécurité des télécommunications et de guerre électronique jusqu’en octobre 2001.

Il quitte l’armée de l’air avec le grade de général de brigade aérienne. Il est chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre national du mérite, titulaire de la Médaille de l’Aéronautique et de la Médaille d’Outre-mer TCHAD avec agrafe vermeil.

Membre de l’Association Nationale Air des Télécommunications et du Contrôle, il accepte de siéger au sein du conseil d’administration de l’association dès 2002, puis d’en assurer la présidence le 05 juin 2004. Il avait lui-même préparé l’assemblée générale 2005 et s’est éteint l’avant-veille de cette manifestation.

Homme de conviction, au caractère bien trempé, animé d’un amour profond de la patrie, ayant un sens aigu du devoir, autodidacte curieux de tout, qui a atteint les sommets de la hiérarchie, militaire passionné par son métier, ami, ami véritable qui sait ce que veut dire la convivialité, Père et époux chéri des siens, il nous quitte beaucoup trop vite, nous aurions eu tant besoin de lui pour continuer à vivre une harmonie qu’il nous a toujours enseignée par l’exemple.

Jean, ton départ prématuré a créé un électrochoc dans notre association, suscitant une mobilisation générale et de nouvelles vocations. Sois assuré que ceux qui prolongeront ton action seront fidèles à tes engagements.

Tu restes plus que jamais présent parmi nous et nous t’exprimons une profonde gratitude pour tout ce que tu nous as apporté.

 

Général de division aérienne (2s) Jean-Paul PICCO

Président d’honneur de l’ANATC